lundi 29 avril 2019

Carte blanche





Ce n’est pas un jour quotidien.
C’est un jour en aparté. Où il se passe quelque chose. Quelque chose qui est très heureux. C’est prévu. C’est tout à l’heure.
Tu ne vas pas t’habiller comme pour un jour de tous les jours.
Tu le pourrais, tu en aurais le droit, mais il faut que cette journée tu la vois inédite dans le miroir.
Tu t’y es prise (ou pris, si tu es un homme) la veille.
Tu as mis le dessous au dessus de ton armoire. Tes pieds marchent sur ce débordement.
Tu as fait des essais démesurés.
Parce qu’à vouloir être différente de l’habitude, tu voudrais presque ne pas te reconnaître.
Dans l’immédiat, tu ne ranges rien, ou si peu.
Ton lit te borde et tu n’as pas pris de décision invariable.
Tu crois que dormir dessus, éclaircira le choix.
C’est le tôt du réveil.
Il va falloir te conclure.
Jusqu’à la dernière minute tu changes d’avis et de chemise.
Le corps en est jeté. Et tu sors de chez toi.
Tu es déjà en retard, car les dates les plus importantes sont aussi les plus précipitées.
Et à cet instant, où tu es dans le dehors, où tu te remanies encore à l’intérieur de toi, où tu ne peux revenir sur tes pas, de peur de ne pas rattraper ces 5 minutes de première nécessité, elle arrive, cette seconde. Cette seconde où tout à coup, tu en prends ton parti pris.
Et peu importe désormais ce que tu aurais pu raviser encore.
Car tout à coup, ce que tu t’es mis sur le dos devient cette tenue qui marque cette journée particulière.
C’est une journée particulière, et pour ces journées là, nos habits ont carte blanche.







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