lundi 29 avril 2019

Casser sa mine



Il y a des semaines où cela décrète que ce n’est pas là. Inconnu à cette adresse.
Après nos vacances ça prend les siennes.
Ça ne laisse pas de message pour prévenir, mais on se réveille un matin avec cette tête qu’on ne cautionne pas, que l’on redoute, qui fait visite de temps en temps.
On ne sait jamais pourquoi, pourquoi ça nous a faussé compagnie d’un coup pour quelques jours, ce que l’on a commis pour mériter une telle absence.
On ne fait plus corps.
On a les cheveux mous, qui n’obéissent à rien. Et cela vient bien de nous, pas la peine de mettre ça sur le compte de la météo ou du ciel.
Des cheveux à tue tête.
Des cheveux terribles qui font triste figure.
On a la peau qui est mal dans sa peau.
Une difficulté à porter haut notre front.
Un résumé : on se trouve moche.
On n’est pas enrhumés pour autant. Et ce n’est pas de la fatigue non plus.
On se tient droit, on n’a pas les bras ballants.
Mais on n’arrive pas a avoir cet air glorieux que l’on connaît, et dont on se dit quand on le capture un instant lors d’une bonne journée “ce n’est pas si difficile”. Cet air glorieux qui n’est pas une chose physique, mais qui vient du dedans.
C’est dedans que ça se passe, et c’est ça que le corps égare parfois.
Cette chose internée à l’intérieur, qui parfois fugue.
On est alors vidés de ce contenu. Et on ne sait plus comment le retrouver.
Comme si nous en étions devenus oublieux, amnésiques, de comment en être habité, de cet élan qui donne toute la mine, la bonne. Et ça fait une éclipse sur notre visage.
C’est généralement durant ces laps que l’on achète des fameux shampoings, des crèmes miraculeuses, un pull rose.
On a beau ruser de tous nos artifices, en rajouter sur le maquillage, mettre nos talons les plus vainqueurs, se forcer à une robe pas de circonstance, paniquant que cette disette s’installe, rien n’y fait. Alors on se fait une raison et on patiente. On prie un peu cette chose de ne pas être loin trop longtemps.
Et puis ça revient d’un coup, comme un “bon sang ! ” retrouvé sous les joues.
On ne sait pas comment, et ce n’est pas grâce aux crèmes, mais ça revient toujours.
Et on peut de nouveau se dire bonjour.

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