lundi 29 avril 2019

Chute libre




C’est une chose qui m’agace, qui m’entête, qui n’en fait qu’à sa tête…
Lorsque je sors, et que ce soit de jour ou de soir, évidemment je me pomponne, je m’élégante.
Je m’y concentre avec fignolage. En jusqu’au boutisme.
Et, comme une Ariane de Belle du Seigneur, je ne veux pas froisser l’image.
Je pars intacte. Ma surface est vernie.
Et je crois que cela va tenir.
Et puis, et c’est systématique, et quelle que soit l’heure, le moment se passe, et dans son cours, mon apprêt se fane.
Ma coiffure s’estompe.
La perfection de l’arrangement d’un pan ou d’un revers, font revers de fortune.
Ça se délite.
Ça n’a pas tenu.
Je me disperse. Comme aux douze coups de minuit.
C’est comme une malédiction que j’aurais.
Je pars entière, et je m’en retourne étiolée.
Comme si la confrontation au réel autrui, démantelait.
Est ce que cela fait ça a tout le monde ?
Est ce que toutes, en rentrant chez nous, sur le chemin, on se trouve chiffonnée et déguisée en Dorian Gray ?

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