lundi 29 avril 2019

Dans de beaux draps




Eux, ils sont les premiers habilleurs.
Ceux qui précèdent une journée.
Ils sont un écran blanc, quelle que soit leur couleur. Et ils se font une toile.
Et ils se rêvent vêtements. Ils auraient pu en être, ou ils le pourront, tels les rideaux devenus robe de “Autant en emporte le vent” ou de “La Mélodie du Bonheur”.  Ils le savent.
Ils invoquent la nuit dans cet espoir.
Et quoi qu’on y fasse, ils suivent le mouvement.
Et si l’on reste étale, ils nous imitent.
Puis, nous nous mettons à nous endormir.
Et ces draps débordés, ils s’enhardissent à ce sommeil là.
Ils prennent leur audace avant demain, et nous taillent des coupes et des costards, dont nous ne sommes pas témoins.
Ils jouent à toutes les saisons.
Quand c’est pour eux l’été en plein hiver, ça nous réveille, et ils font le mort.
Et ils remettent ça dès que les yeux sont fermes.
Et au matin, sur la joue, ajoutée, il y a leur marque, mais elle s’estompe avant que l’on ait eu le temps de la lire.
Alors, comme si de rien n’était, ils attendent le soir pour recommencer.



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