lundi 29 avril 2019

Dans le dressing de Darwin




Ça a commencé par des feuilles autour de la taille.
Et puis des outils pour coudre, en ivoire de Mammouth.
Et puis de fil en aiguille : la toge, la Renaissance, les années 50.
Depuis “l’entre chien et loup” des temps,
l’Homo sapiens (avec un grand H ou avec un grand F), s’est évertué à parer sa pudeur, à se parer puisqu’il devait se couvrir, à embellir ce que son dos investissait.
Même ceux qui vivent presque nus, dans les Amazonies ou les plaines brûlantes, ont choisi de se décorer, ont déterminé le sens de chaque objet porté, jusqu’à la couleur d’une plume dans les cheveux, jusqu’au nombre de tresses.
Certes, il fallait souffrir pour se vêtir. Les corsets et les femmes girafes en témoignent.
Les blouses de paysannes roumaines confectionnées avec patience.
Le corps souffrait. Le temps souffrait. Mais tout avait cheminé vers une notion d’élégance, une constante qui ne faisait que changer de critères pour la définir, suivant l’époque.
Nos grands parents en voyage avec de lourdes valises, et des talons à toute épreuve pour arpenter Venise ou des montagnes, et le costume de tussor dans les trains à grande lenteur.
Et puis dans les années 90, le confort a fait son entrée.
Et a soufflé ce château de cartes.
On bouge confort, on travaille confort, on dort confort.
Nous n’avons que ce mot à la peau.
Un confort confortable.
Cela se traduit en jogging, jean, sweat, tshirt, baskets.
Un uniforme fait pour chasser, chasseur dans les villes.
Négligés, tous ces efforts pour ornementer l’habit ?
Il va falloir broder autour.





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