lundi 29 avril 2019

Dessine-moi un mouton




Je repense à un numéro de Libération, d’il y a un peu plus d’un an, aux vignettes désertes, sans illustration aucune.
Je repense à ce numéro, qui était paru un jeudi ; et je repense au jeudi d’hier, le lendemain de ce mercredi. Au vide laissé. À nos yeux esseulés.
Je pense à ce que serait notre monde, sans images.
Le précieux qu’elles sont.
La quête que j’en fais, insatiable.
Je pense aux collec des autocollants “Panini” de mon enfance.
Je pense au peintre Miquel Barceló, qui à une époque songeait à faire de la peinture en braille, de la peinture pour les aveugles, de la peinture qu’ils pourraient toucher, et qu’ils pourraient voir.
Je pense à ce que serait notre monde, s’il était borgne de ces mises en lumières.
Je pense à tout cela, les cils noués, les yeux lourds.


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