lundi 29 avril 2019

Devant la fête accomplie




Nous avons tous déjà ressenti ça.
Le cœur se mettant à battre à grandes volées, en apercevant du longtemps espéré, du encore jamais trouvé.
Sans s’y attendre. Le cœur fébrile. Le cœur qui se déballe.
Et pour certains (j’en suis) cela peut arriver face à un vêtement.
Vision. Stupeur.
Nous voilà devant un objet que nous cherchions sans succès, depuis des mois, depuis des ans, ne croyant même plus que le but, un jour, parviendrait à se combler.
(Il ne s’agit pas d’un coup de foudre. Le coup de foudre est dénué de raison).
Cela concerne toujours une chose très escomptée, et très nécessaire.
Une chose de fond. Dont le manque nous fait broncher contre tous nos bricolages du matin.
Nous avons failli mille fois renoncer, en désespoir de cause, et choisir autre chose, qui s’approcherait du convoité, mais de pas parfait. Nous avons résisté.
Nous en étions là.
Et aujourd’hui nous sommes dans cette boutique par hasard.
Vision. Stupeur.
Celui que nous n’imaginions plus, calme et posé, et répondant à son nom, et réunissant tout notre cahier des charges ciselé au fil de l’attente.
On le reconnaît comme si on le connaissait depuis toujours. On le sait.
À l’instant où on l’avise. On le sait avant même de l’essayer que ce sera parfait, qu’il n’y aura rien a dire, aucun reproche à formuler.
Et on l’achète en 5min, de peur qu’on nous le dérobe. On ne prend pas le risque qu’il nous passe sous la chance.
L’incertitude soulagée, paisible et exténuée, devant le fait, accompli.
Qui rend nos joues en fleurs.
On rentre chez soi léger et euphorique, fort de cet antidote qui va nous changer le quotidien.
Et il éclaire toute la garde robe d’un renouveau. On revoit tout avec tendresse, alors qu’on ne supportait plus rien, qu’on en voulait à tout, comme s’ils étaient les responsables de la lacune. On couve de nos prunelles, en se couchant et en se levant, le bienvenu.
Cette fête, n’arrive pas souvent. Elle est rare comme un 1er Janvier.
Ça m’est arrivé hier. J’étais chez APC, pour un copain pour Jean, et il y avait ces boots
Je les ai cherché ces Chelsea. Je les voulais vraies godasses solides et lourdes. Vraies godasses pour suivre les pas de mes hivers. Je ne voulais aucune excentricité à ce soulier. Je le voulais éternel jusqu’à son bout. Je ne voulais pas d’une semelle fine comme du papier de soie. Et je ne voulais pas d’une réinterprétation pour un pied féminin. Je le voulais masculin.
Je chausse du 35. Alors trouver chaussure d’homme à mon pied de Cendrillon, c’était le hic plus ultra.
La pantoufle de cuir, hier, m’allait comme un gant.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire