lundi 29 avril 2019

Hiver encore




D’ici un mois, on va toucher le printemps.
On aura été patients, comme chaque hiver de chaque année.
(On aura été impatients, comme chaque hiver de chaque année).
D’ici un mois on va remuer les armoires.
D’ici un mois, le ciel n’aura pas la même couleur.
D’ici un mois nos corps en seront différents.
D’ici ce mois, les giboulées vont gibouler, et on va grelotter de guerre lasse.
Et parfois, il se trouve que l’on trouve juste à cette lisière entre deux saisons décisives, une chose admirable et de fond, mais expressément faite pour ce froid qui s’achève devant nous.
Et on regarde le temps qui nous reste pour pouvoir la porter, pas un longtemps, d’ultimes jours de grand Nord qui d’un seul coup nous manquent.
Mais cela donne une raison d’accepter par avance le prochain frimas, celui qui reviendra après la rentrée des classes.
C’est à dire qu’on le craint moins, et presque on l’espère, on le voit comme un prétexte à sortir cet habit pas assez étrenné, pas assez entraîné.
Et c’est ici mon cas. Le manteau Chimayo, je l’ai trouvé enfin, et nous sommes réunis depuis trois jours.
Et je scrute ce Mars qui commence et qui déjà s’emballe, et qui déjà s’égraine, et je regarde mon pardessus en ne voulant imaginer un pas sans lui.
Il va falloir m’y résoudre, d’ici un mois.
D’ici là, on ne se quitte pas d’un fil.



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