lundi 29 avril 2019

Don’t step on my shadow




On laisse traîner son ombre derrière soi, comme une cape, ou une écharpe qui s’égare.
Personne pour la ramasser. Mais des passants pour la fouler.
Comme sur la queue d’un chien, mais l’ombre ne dit rien, elle ne hurle pas de fureur.
Son propriétaire non plus.
Tout de même, on écrase sa silhouette qui patiente à ses pieds, on pèse sur son nez, sur sa main. Il ne s’en rend pas compte.
On est assez proche de cet inconnu, dans son espace, pour l’atteindre du talon.
Alors, que faisons nous a deux pas de cet autre, au point de lui piétiner son obscurité ?
J’aime pas trop marcher sur les ombres des gens.
Marcher sur l’ombre de quelqu’un, c’est s’aventurer dans sa nuit.
C’est très intime, de partager une ombre. En déambulant dans cette marre noire, elle nous monte dessus, elle nous recouvre et nous épouse.
On a cette part de l’autre partout associée sur nous.
Et même si c’est rapide, l’affaire d’un instant cette affaire, et privé de chaleur humaine (il fait toujours plus froid au nadir), on en a fait partie.
On n’a pas forcément envie de ça.
Faire attention où on met les pieds.


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