lundi 29 avril 2019

En duo







En vidéo !

Lorsque le printemps vient, les corps sont fous de bleu. Fous, littéralement.
On n’en revient pas que cela existe encore un tel aplat au dessus de nos têtes.
À voir ça, on a le cœur comme un chiot.
Et au premier du genre, au premier de la saison, et à la première douceur de l’air, on envahit le dehors comme on peut, aux terrasses, aux bancs, aux pelouses. Partout, partout pourvu que l’on en voit un coin. Et on se gorge, les yeux ne s’arrêtant plus de se tourner vers le haut pour être sûrs que c’est toujours là.
Avec cette crainte diffuse que cela ne tienne pas, comme si cela allait disparaître.
Et cela ne tient jamais bon tout de suite, et le mois d’Avril tient à un fil.
Mais ce bleu bien vu bien bu bien avalé, on le garde en mémoire, et on guette le prochain grand vent qui nous le ramènera dans quelques jours.
Matisse il disait « Un ton seul n’est qu’une couleur, deux tons c’est un accord, c’est la vie ».
Lundi, vous étiez témoins de la rencontre entre le jaune et le bleu.
Ces deux couleurs là, juxtaposées, lorsqu’elles sont franchement franches, quand je les porte, je les regarde bouger et s’accoler sur moi, je regarde leur frontière, la ligne où elles se joignent, je mets ça dans le champ de ma vision, un instant, quand je marche, quand je m’assois, et ça me fait le même effet que ces journées enthousiastes et insatiables, ivres du renouveau.
Cette association là, je me rappelle d’où elle me vient : j’avais cette copine au collège, elle était argentine, elle mettait ces deux teintes en pensant à son pays, et j’étais avide de la voir arriver en classe. Elle détonnait dans le gris des élèves. Elle se risquait à se colorer.
Évidemment on pense à l’azur et au soleil. Et c’est ce que l’on veut dès maintenant.
De l’azur et du soleil. En duo, et sans coupure.






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