lundi 29 avril 2019

En veille



S’entrevoir et s’entretenir. Soi-même. 
La surexposition sur une photo nous rend à l’évidence.
À notre évidence.
C’est le plus souvent un accident de réglage, et il y a quelque chose qui se vole, qui vole.
Ça nous allège.
Ça allège nos tensions. Nos sourcils froncés. Nos mâchoires bouclées.
D’un seul coup plus lumineux. Éclairés de l’intérieur.
Presque mystiques, nos visages deviennent halo.
Sans intention. En pleine présence.
Ainsi que je me sens au dedans, et être cette bougie pour une image, révèle au dehors.
J’aimerais cette légèreté constamment.
J’aimerais cet âtre toujours visible à mon être, à mon paraître.
Comme si c’était “l’âme” qui se montrait ?
C’est comme de voir son nom écrit. Ces petits mots accolés, sans relation séparément, mais emplis et en force quand ils sont joints, c’est nous. Il y a une fierté quand on s’y arrête, à les considérer.
“Avril Bénard”, je le lis, et cela me saute après, me fait la fête, avec toute mon histoire.
De le lire, c’est du recul, et je me discerne mieux, c’est en dehors, et pour un instant je suis objective. Pour un instant c’est très clair. Comme quelque chose qui veille. Mais qu’on oublie. Mais qui est là, en séraphin.

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