S’entrevoir et s’entretenir. Soi-même.
La surexposition sur une photo
nous rend à l’évidence.
À notre évidence.
C’est le plus souvent un accident
de réglage, et il y a quelque chose qui se vole, qui vole.
Ça nous allège.
Ça allège nos tensions. Nos
sourcils froncés. Nos mâchoires bouclées.
D’un seul coup plus lumineux.
Éclairés de l’intérieur.
Presque mystiques, nos visages
deviennent halo.
Sans intention. En pleine
présence.
Ainsi que je me sens au dedans,
et être cette bougie pour une image, révèle au dehors.
J’aimerais cette légèreté
constamment.
J’aimerais cet âtre toujours
visible à mon être, à mon paraître.
Comme si c’était “l’âme” qui se
montrait ?
C’est comme de voir son nom
écrit. Ces petits mots accolés, sans relation séparément, mais emplis et en
force quand ils sont joints, c’est nous. Il y a une fierté quand on s’y arrête,
à les considérer.
“Avril Bénard”, je le lis, et cela
me saute après, me fait la fête, avec toute mon histoire.
De le lire, c’est du recul, et
je me discerne mieux, c’est en dehors, et pour un instant je suis objective.
Pour un instant c’est très clair. Comme quelque chose qui veille. Mais qu’on
oublie. Mais qui est là, en séraphin.
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