lundi 29 avril 2019

Équinoxes




Et voilà que ça recommence.
Un nouveau changement de saison à gérer.
Se rhabiller, quand les températures chutent.
Il faut finalement beaucoup de courage, à être la première de la rue à le flairer et à s’en charger, de ce passage à ce nouvel acte de l’année.
La première à sortir jambes nues, la première à remettre les collants.
C’est difficile dans les deux cas : se découvrir c’est une mise à nue, une fragilité de la peau qui retrouve le grand air ; se recouvrir, c’est un étui qui enferme, et ça n’a pas l’air cool, d’être celle qui craque et qui quitte l’été pour un autre.
C’est terrible ces premiers jours d’Automne, car à la fois, si on ne les étoffe pas, on prend froid.
Mais si on les écoute, le soleil sera derrière nous.
Et il y a ce mot qui nous fait frissonner : “Hiver”.
C’est tellement maladroit ces premiers jours. Il va falloir tout réapprendre.
Et réhabiliter, avec habileté, toute une partie enfouie de nos affaires. Les pulls et les manteaux. Entre autres.
Et comme la mémoire est courte dans ce domaine, on ne se rappelle pas comment on faisait l’an dernier.
Alors ces premiers jours, on a l’air mal rassemblée, taillée en pièces.
Des riens qui ne vont pas ensemble.
Ce matin c’était la débâcle, bâclée. Il y avait du beau temps en haut de la fenêtre, mais dans le fond il faisait froid. Je le sentais bien.
J’ai fouiné pendant une heure dans mes étagères de derrière les piles.
Et j’ai mis une robe d’été en soie noire, des collants noirs, des sandales, un grand pull jaune, un grand châle du Guatemala à rayures vives.
Je ne savais pas dans quelle date du calendrier je voulais mettre mes pieds.
Évidemment je me sentais dommage, ce qui n’arrangeait rien.
Ce sont presque les jours les plus audacieux, où l’on croit avoir des idées révolutionnaires, mais où on finit par se rendre à cette évidence : C’est mal tenté.
Le plus dur est passé. Cette équinoxe est passée.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire