lundi 29 avril 2019

Être à la page, à la plage




Chaque année c’est idem.
J’arrive à la mer, je débarque, et au début je me sens trop trop.
Trop attifée. Trop citadine.
Le premier jour c’est le pire. Je suis encore parisienne à l’excès. C’est écrit sur mon t-shirt.
Il me faut épurer. M’épurer. Il me faut me débarrasser, secouer et faire tomber des détails, des matières, qui sont je le sais incompatibles avec le lieu, mais que je me suis obstinée à emporter, bercée par mes visions.
Il me faut trouver cette souplesse, ce lâcher prise, de l’été et de la chaleur.
Aller à l’essentiel. Un détachement. Une étourderie.
Mettre les pieds dans la poussière du sable, et dans la terre des chemins, et se réjouir de se salir un peu. D’avoir la peau salée par l’eau large et la moiteur.
Être infidèle à la ville. Renier des mois de convictions.
Retourner ma veste, pour qu’elle se transforme en caban.
Devenir en somme nonchalance. Une prouesse.
Je n’ai pas encore trouvé la ficelle.
Ce sont des élucubrations en puzzle.
Je ne prétends pas donner de conseils, être à ma place est bien trop contraignant.
Mais si comme moi vous souffrez d’une coquetterie chronique, ou que du moins cela pique votre curiosité, “buvez moi” comme dirait Lewis Carroll.
Car là où cela se corse, c’est qu’à la fois je ne peux pas du tout tout abandonner non plus.
J’en suis bien incapable.
Il me faut conserver ça et là le chic dans lequel je crois.
Cette tenue retenue. Que tout ne parte pas à vau-l’eau par dessus le bord.
Je ne suis donc pas en vacances pour un sou, puisque j’ai cette énigme à démêler chaque jour.
C’est de l’orfèvrerie. Que ça n’ait l’air de rien en ayant l’air d’un tout.


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