lundi 29 avril 2019

Mordre à l’hameçon




Je peins mes ongles de pieds toute l’année, même lorsqu’ils sont au chaud, dans leur chaussette respective. De les apercevoir vernis comme des coquillages, le matin et le soir, cela me fait croire qu’ils pourraient marcher nus sans se les geler, et cela me fait reconnaître l’été suivant.
Mais, je ne me peignais jamais les ongles des mains.
Je ne le faisais pas, par crainte de l’instant de l’accroc. Je redoutais l’écaillage des extrémités, je le redoutais comme un clair et net gâté.
Car alors cela me fichait en vrac tout le soigné de ma mise. Cette lésion de la couleur, faisait le négligé immédiat.
Et j’avais la paresse de la retouche.
Mais depuis la montre, mes griffes ont rougi.
C’est elle qui l’a suggéré. Ou plutôt, c’est elle qui l’a affirmé.
Il fallait juxtaposer à sa virilité, cet attribut féminin. Il lui fallait ce détail près. (Comme les cheveux très courts appellent le maquillage).
Alors je les égratigne, et je ne bronche pas.
Et je vois de l’enfance à leurs rayures.
Et je les reprise, et dès que la poussière sous le tapis dépasse, j’efface tout et je recommence.
Et surtout, je constate que je ne les bouge pas pareil, ces mains.
Que cette touche apposée, les amène à toucher tout de leur bout, à tout caresser, à effleurer les actes, à en être sur la pointe des doigts.






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