lundi 29 avril 2019

Jean




Jean, me pardonneras tu mes ironies à ton encontre ?
Me pardonneras tu mes grands écarts ?
On s’était aimé. Très fort. Très intimement.
On ne se quittait plus.
Et puis, comme cela arrive dans un couple, j’étouffais.
Je m’étais lassée.
Lassée de notre quotidien. Lassée de ton emprise.
Lassée que chaque jour ressemble à son hier.
Nous nous sommes séparés.
Et je me sentais libérée. J’étais très fière de m’être débarrassée de toi.
J’ai été infidèle. J’en ai aimé d’autres, très différents. Des plus grands, des plus larges.
J’ai fait des excès.
J’ai tout tenté.
Je me suis réveillée avec des crampes.
J’ai songé à jeter ce qu’il me restait de ton souvenir.
Et puis d’un coup, comme ça, la semaine dernière, parce qu’une triste nouvelle m’effondrait, et que je n’avais plus de forces pour mon orgueil, j’ai repensé à nous.
J’ai pensé à te rappeler.
Je t’ai rappelé. Tu es apparu. Avec ton air d’éternel. Et ta jeunesse. Tu étais bien droit sur tes jambes. Solide et réconfortant.
On s’est retrouvés. Et c’est comme au premier jour de toi.
Mais peut être plus adultes, moins passionnel, moins collés l’un à l’autre, en acceptant nos solitudes.
Je ressens moins de dépendance.
Il semble que nous avons compris comment vivre côte à côte.
Je me suis trompée, à ton compte.
Jean, mon Jean, mon Blue Jean, pantalon chéri !
Un jean qui s’appellerait Jean.





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