lundi 29 avril 2019

La difficulté de la simplicité




Il y en a qui savent être simplement en jean et t-shirt blanc, pour l’exemple.
Ça peut être élaboré, mais ça n’en n’a pas l’air.
Qui savent parler ce langage vestimentaire du classique, de l’essentiel, aller droit au but, et ne pas s’en cacher, et tout offrir de leur visage, de leur visage courageux et à découvert, un visage au grand jour.
Cette langue m’est étrangère.
J’admire cette bravoure à se livrer ainsi, cette bravoure à sortir hors sans bouclier, ce talent de l’évidence, ce perfectionnisme invisible à l’œil nu. J’admire et même j’envie.
Mais il y a celles (j’en suis) qui ne s’affranchissent que dans la difficulté.
Un besoin de bluffer, en bon oiseau au plumage excessif pour impressionner les prédateurs.
Pas de camouflage, un costume.
Et le visage surgissant. Et si on veut on le voit. Ce n’est pas forcément ce que l’on voit en premier. On le voit si on pousse plus avant. Si l’on se fraye un chemin à travers les parades.
Souvent, j’essaie, car cela semble si aisé, j’essaie de faire tomber les plumes, j’essaie de lâcher ces prises, de muer, de muter, mais je me sens infidèle à mon identité, et je me sens disparaître.
Je ne suis pas trapéziste, et je me crois paresseuse, si l’on ne voit pas un peu mes efforts.
Il me faut ce filet d’esbroufe, une branche à laquelle me raccrocher.
Qu’y a t’il de plus difficile que la simplicité, à la fin ?

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