lundi 29 avril 2019

La mode d’emploi (3) : les complexes c’est complexe




Je suis petite, et c’est un fait. 1mètre58. Une taille de fée.
Et je n’ai pas de poitrine.
De ces deux choses, l’une : j’aurais pu complexer.
J’aurais pu me sentir minuscule, à lever perpétuellement la tête aux interlocuteurs, à me hisser sur le bord des pieds pour tenter d’attraper des inaccessibles.
J’aurais pu rêver de centimètres, j’aurais pu rêver de grandir.
J’aurais pu porter des push up pour gonfler mon 80A.
J’aurais pu porter du moulant pour tenter de débusquer mes seins.
J’aurais pu envier Lollobrigida.
Et puis j’ai décidé qu’un complexe, c’est une entrave.
Qu’au lieu d’écoper d’une vie sous ce joug,
il me suffisait de comprendre ce corps, pour faire de ces manques, une force.
Pour faire de ces manques, une silhouette, domptée.
Que d’un coup je pouvais marcher sur des talons de 13cm, et que ça ait du sens.
Que d’un coup lever la tête aux plus grands que moi, ça me donnait la chance de ne pas avoir à la baisser.
Que d’un coup je pouvais me permettre d’immenses décolletés, car ça ne saurait être vulgaire, sur une gorge plate.
Que d’un coup je pouvais courir sans souffrir.
Que d’un coup je pouvais laisser tomber le haut sur toutes les plages de mes vacances.
Les complexes, c’est nous qui nous les formons, en réponse à des idoles trop éloignées de ce que nous sommes.
À nous d’en choisir d’autres, moins inatteignables.
J’ai choisi Audrey Hepburn plutôt que Marilyn.
Pour d’autres ce sera l’inverse.
Les complexes, ce n’est pas si complexe, à nous de simplifier tout ça.








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