lundi 29 avril 2019

La petite robe noire




J’ai fait une liste. La mienne. Non pas au Père Noël, il est passé, par ici,
et il repassera, par là, pour l’instant il dort.
Mais j’ai fait une liste. Et ce n’est pas une liste pour les soldes.
C’est celle des résolutions.
Et il y a des points dessus qui ne sont pas vestimentaires.
Mais il y a un point dessus qui est vestimentaire.
Il faut savoir que je m’habille couramment en noir.
C’est mon jalon, qui indique que mon jour est cancre parmi ses frères. J’enfile du noir. C’est ma facilité. J’enfile du noir. C’est mon éternité.
J’enfile du noir. C’est mon contraste. J’enfile du noir. C’est mon Coco Chanel. J’enfile du noir.
Et il se suffit. Mais cela suffit. Car ce noir se broie lui même.
Son infini me fait me sentir infime. Et je me crois disparaître dans son interminable.
C’est à dire qu’il m’aspire au lieu de m’expirer.
Or, c’est moi qui commande. Et je ne m’avoue pas vaincue par cette couleur.
Je vais la dompter, avant qu’elle ne m’avale.
Il est dit que cette année, j’illuminerai mes tenues concernées d’un détail
qui la déconcentrera.
Une planète à lui mettre dans les orbites. Un détail comme une pleine Lune dans son ciel.
Ainsi, la petite robe noire ne sera plus la dominante, et elle devra frayer avec un collier, des boucles d’oreilles, un foulard, à celui qui aura le courage de s’y frotter.
De même pour les choses d’en haut, ils ne seront plus les maîtres de mon port.
De même pour le manteau, ce tyrannique perd aujourd’hui ses terres,
et les grands châles gagnent son terrain.
J’avais déjà amorcé le processus, mais c’est ici et maintenant que l’acte se prend en mains.
Ceci est certifié, signé de mon autographe. Qu’on me le dise.



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