lundi 29 avril 2019

La signature de l’été






C’est un jour blizzard.
Mais je m’y prends, à avoir le soleil dans la tête.
À avoir ce soleil au centre de la galaxie de mon crâne.
À avoir le soleil qui me manque.
Celui des mois pas froids, j’entends. Car, admettons le, il y en a deux,
des soleils, deux soleils, et à Copernic de revoir sa copie.
Il y a celui de l’hiver et celui de l’été. Et ils n’ont rien à voir. Et ils n’ont pas rendez vous.
Ce pour quoi je brûle aujourd’hui, sont les marques de bronzage.
J’en veux. Maintenant. Je veux ces stigmates des journées cuisantes.
Et même si ma peau claire et les rayons, se livrent une lutte sans merci,
et même si ce combat nécessite que j’y mette de la mienne (de crème) en bouclier, je ne peux empêcher la franche lumière de me faire des pochoirs,
et je ne peux m’empêcher d’adorer ces empreintes qu’elle m’imprime (pas celles des bretelles, mais celles des bijoux).
Et maintenant que mon poignet donne l’heure, j’en aurai une nouvelle, de la forme d’une montre.
Elles sont mes blessures de guerrière.
Et surtout, elles témoignent de cet attachement que je porte à mes liens noués aux bras, aux mains, au cou. Cet attachement, au point de ne pas les ôter sous le zénith. Des preuves de la place de chacun sur mon enveloppe, et qui disent où les replacer exactement.
Elles sont l’ombre de ces heures qui n’ont pas été passées à l’ombre.
Et je les garde quelques semaines comme des tatouages, comme des souvenirs qu’on peut toucher.
Il y a cette boutade qu’on adore m’énoncer, à moi et à mon visage pâle grainé de tâches de rousseur : “Tu as bronzé avec une passoire ? “.
La réponse est donc non.
Mais ma peau a ses vestiges, et je peux y suivre l’été à la trace.

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