lundi 29 avril 2019

L’année est morte, vive l’année !




Une année a été achevée à grands coups de dernières minutes.
Elle a expiré son ultime seconde. Elle s’est soumise, et nous en avons été
les assassins, par un décompte dernier cri.
Et il fallait s’habiller en conséquences, pour cette mise à mort.
Au jour le jour, je m’habille toujours trop. Je ne m’habille pas d’avantage pour faire plaisir à une occasion, car un “d’avantage”, en ma circonstance,
se nommerait vite hyperbole.
Tout est matière à se sortir, pour mon dressing. Et certainement qu’un psy de bric à brac, aurait des banalités à débiter à ce sujet.
Sauf que. Ce 31 Décembre ci, celui de 2014, j’étais sapée à mon comble.
Je voulais lui faire sa fête, à cette année à qui j’en veux (pour des raisons à passer sous silence). Je voulais lui faire sa fête, je voulais la mettre en pièces.
Pour ce faire, il fallait la terrasser, la bête. Et j’ai puisé dans l’une de mes citernes, d’inspiration j’entends, une des intarissables : le costume du torero.
(Non pas que je cautionne les corridas, mais j’en cautionne le vestiaire).
Et j’ai mis une robe de mariée tunisienne ancienne brodée de fils d’or, et une veste animale, (et des talons mais ça cela va sans se dire).
Cela tapait l’œil, c’était excessif, cela brillait comme en plein soleil lorsque le toréador danse sous la canicule.
Pour qu’elle le voit, et qu’elle me regrette, qu’elle regrette d’avoir été vache.
Et j’ai pu la voir s’accélérer, une année prise de tachycardie, une année dont le temps s’affolait parce qu’elle ne voulait pas en finir, et qu’elle avait la trouille. Elle ne voulait pas me démordre. Elle ne le voulait pas, mais qu’elle le veuille ou non, elle était vaincue. Et elle battait en retraite.
Et chaque instant la rapprochait de sa fin. Et soudain il a été minuit.
Et ce n’était plus son minuit à elle.
C’était le minuit d’une autre. Une autre qui était née dans sa poussière.
Et alors je pouvais parader, comme Manolete.
On a fait la table rasée et propre. On verra ce qu’il y aura à poser dessus durant ces douze prochains mois.
Que cet an nous soit tendre.



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