lundi 29 avril 2019

Le cinquième sens




L’humain, a besoin de toucher, de palper.
Les choses. Les pierres. Les êtres.
C’est sa façon à lui de renifler, de suivre les pistes, de sentir les traces et les intentions, de se renseigner, de reconnaître et connaître.
Il touche le fragile, il touche les élytres, il touche les toiles à soie.
Une manière de posséder. De sous peser le poids de sa force. De laisser sa marque. D’apposer son empreinte sur l’objet.
De s’assurer qu’il l’a sous la main. Sa main mise.
Et beaucoup, beaucoup, il touche les vêtements. Il les touche comme par réconfort ; le tissu, le tissu a ce don d’évocation, de philtre proustien, de faire voyager dans le passé, et aussi dans le vintage. Par ces matières entre ses doigts, il se retrouve avec les jupons de la mère, les nappes des dessous de tables de l’enfance, les chiffons pour s’endormir.
C’est à se pincer les paumes, pour savoir qu’on ne rêve pas.


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