lundi 29 avril 2019

Le livre de plage




Le livre de plage.
Plus précisément le roman de plage.
Tous nous en avons connu un, nous l’avons aimé passionnément, et nous nous sommes quittés dans de grands déchirements.
C’est l’élu heureux, qui part en vacances.
Ce compagnon quasi canin, qui suit son maître malgré les risques à encourir.
Et de même que son lecteur s’imbibe, avide, de ses mots, lui s’imbibe du climat (du lieu et de ses états). Il éponge je vous dis. Il éponge les dégâts.
C’est celui qui suit les marées et les bruines.
Le temps bleu et le temps gris.
Celui qui pour une page de plus, se trempe.
Celui qui pour une impatience à être retrouvé, se sale aux mains baignées.
Qui se détrempe comme un biscuit cuillère, amollit par les jours libres.
Qui se plie au passe-temps du vent.
Qui se corne et se froisse, à son rival le sac.
Le sable émietté, il a un grain entre les lignes.
Puis enfin à la fin, pour un point final, la goutte d’eau de la larme, et s’en est trop, c’est celle de trop, celle qui l’harasse et l’achève.
Il rend tout, son âme et ses cortèges, et tombe de ces mains, lessivé, seul, mais chéri ; fini.
Une fin de cinéma, de héros héroïque.
C’est celui qui ose vieillir d’un trait. Celui qui montre qu’il a vécu. Qu’il n’en a pas eu peur.


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