lundi 29 avril 2019

Le look mémé




Il y a un cap. Il y a ce cap. Exclamatoire.
Une métamorphose décisive dont personne, à part l’intéressée, n’est jamais vraiment témoin.
Où celle qui était une femme, tenant son corps et son look, abandonne le combat des apparences, et apparait dans le look mémé, et par là même devient mémé. (Aujourd’hui on appelle ça le look senior…).
(Il y a des boutiques pour se fournir en la matière).
Ça arrive presque de l’aujourd’hui au lendemain.
Et pourtant elle peut avoir été une coquette jusqu’à ce présent.
Mais il y a ce basculement où elle choisit de démissionner d’elle même, de ce dans quoi elle s’était définie extérieurement, et qu’elle avait fait durer sur la durée.
Pourquoi battre en retraite, à l’âge de la retraite, pour ce look connoté âge avancé qu’elle pensait pourtant ne jamais aborder.
Évidemment que, passé le passé de la vie, les priorités se redistribuent.
Évidemment que cela doit paraître très dérisoire, de continuer ce jeu de l’habillement à un moment où il n’est plus question de séduire le monde.
Mais pourquoi baisser la garde, et se séparer de soi même, et se dépouiller de sa féminité.
Il ne s’agit pas pour autant d’avoir l’air jeune. Ça c’est le pire.
Non. Assumer son âge, mais éviter la jupe confortable mi mollet et matière épaisse, les collants gainants, le chemisier fleuri, la veste à boutons dorés, les cheveux bleus.
Il s’agit de ne pas laisser le négligé s’abattre, de poursuivre cet effort de soi même encore un peu, qui est aussi une part de notre dignité.
De ne pas baisser les bras de ça, car c’est le début de l’abdication du reste.
De continuer à s’amuser.
Ps : vous pourriez songer qu’avec ma jeunesse, je suis mal placée, pour me prononcer sur cette question. Mais je suis entourée de femmes, ma mère, et des amies très chères, d’âges déjà certains, mais qui n’ont pas pour autant déposé leurs armes.


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