lundi 29 avril 2019

Le roseau et le chêne




J’ai les jambes qui sont des quilles.
Ce sont des jambes menues, on dira des gambettes.
De fille ou de femme, tout dépend du regard qui s’y pose.
Elles semblaient prêtes à plier sous le vent, souvent.
Mais depuis quelques années, elles ont trouvé un arrimage : elles ont à leurs pieds des sandales Marni, pour le quotidien du printemps tout nu ou de l’hiver tout dru.
Ces sandales, sont devenues un classique de la maison italienne, qui les réinvente chaque saison.
Et si je les ai adoptées, ces paires, ces duos, c’est pour leur poids visuel.
Elles ont l’allure lourde.
Elles ont cet air des chaussures d’homme, de celles qui sonnent fort quand on les fait tomber au sol le soir. Cet air des chaussures d’homme qui donnent l’envie de courir de l’avant.
Pas parce qu’on est en retard. Mais parce qu’on s’y sent une Katharine Hepburn sur un terrain de tennis.
Et par contraste, mes flûtes qui ont à leur bas ce volume, sont encore plus féminines.
J’ai les jambes qui sont des quilles, comme dans le jeu de l’enfant, où les deux dernières seraient restées debout malgré l’assaut de la balle, solides dans leurs sandales.


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