dimanche 28 avril 2019

Les racines






Au commencement était ma grand mère (maternelle). Mon souvenir composé, d’après les photos que j’ai d’elle : Une pure femme des années 50. La beauté. Les cheveux courts. Les robes bien cintrées à la taille. Il me vient d’elle une jupe époustouflante, qu’elle avait cousu, aux rayures roses et blanches rattachées et formant des losanges. Un travail de fourmi. Même si elle était plutôt cigale, par sa gaieté et ses sourires.

Mais moi, je viens de ma mer.
Une adepte de Roméo et Gigli, Dries Van Noten, Comme des garçons, Marni. Et surtout de la chine. Avec mon père, ils avaient la boutique “Vivement Jeudi”. Au plus petit bas âge, j’étais sur les immenses déballages d’antiquaires, à 3h du matin cela commençait (on avait dormi dans la voiture). Avant de savoir compter, j’avais appris à discerner l’ivoire de l’os et du plastique, le coton du lin, l’ancien du neuf. Cette chasse au trésor, dans le milieu on l’appelle « le virus ». Certains en sont immunisés. Moi jamais. J’aime terriblement chiner. J’aime terriblement dénicher. J’y vais tous les weekends, même en plein de l’hiver.
Ma mer. Une femme un peu givrée. Sans brides sur le cou. Gaffeuse.
Paysanne de Paris : sans façons et sans manières. Franche.
Hors normes.
Portant des boucles d’oreilles d’or indien anciennes dépareillées, plusieurs à chaque lobe, avec un manteau Paul Harnden et un sac Kelly.
Se moquant de ce qui se fait ou de se qui ne se fait pas. Mais tout ça sans provocation, en pleine élégance. En pleine douceur.
Ma mer, m’a élevée comme j’ai voulu, sans carcan, elle s’est toujours amusée de mes lubies, m’a tout laissé faire, tout en me protégeant du vent.
Elle dit incessament “marche devant mon enfant”.

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