dimanche 28 avril 2019

Les repères. Les repaires.




Je connais Sarah Moon depuis l’enfance. J’avais été dénichée à 5 ans, je l’ai rencontrée, et on ne s’est plus quittées.
Elle est pour moi un repère absolu. Une planète de mon Monde, de mes proches.
D’avoir été ainsi devant son oeilleton, avec sa manière si picturale de composer, de déplacer un bras, une main, un coude. D’avoir été dans son objectif, pour des magazines tels que Elle, Vogue, Figaro Madame Japon, Die Weltwoche…
Et pour ses photos ”plus” personnelles.
Et pour son cinéma.
Et dans son regard d’amie toujours si généreux.
Et d’être donc aussi un peu floue depuis l’enfance, devinée : la conscience que j’ai de mon visage est voilée, (et même les miroirs qui sont chez moi sont tous XVIIIème siècle au mercure complètement effacé, et dedans je ne fais que me déceler).
M’a fait m’augmenter, et aiguisé encore cet élan vers l’esthétisme.
Je vis dans une image. ”Une” écho à ma mélancolie. Ses photographies sont les seules dans lesquelles je me reconnaisse tout à fait, et dans lesquelles je ne pose pas à proprement parler, car elle me connait si bien que ce qu’elle saisit de moi est le pur essentiel-le vrai.

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