lundi 29 avril 2019

“Lit” tu ?




Il y a au moins un lieu où s’habiller est accessoire.
Un lieu qui fait tout à notre place.
Où l’on se froisse sans se chiffonner.
Où l’on s’oublie sans fâcher.
Un lieu d’évasion. Un lieu dévasté. Un lieu vaste. Un horizon.
Il mesure en gros 2 mètres carré. Sur pilotis.
Ce lieu dit c’est le lit.
Je n’en parle pas ici comme le lit du couple, j’en parle comme celui que l’on vit solitaire, pour déserter et penser à ses plaies. Celui où l’on se réfugie sans regarder la montre, pour s’effacer d’une journée.
Ce lieu où l’on peut disparaître car les yeux s’y ferment et le corps s’y cache. Et le corps est lâche.
Ce lieu où notre regard sur nous même s’achève. Car les témoins et les miroirs sont loin.
Ce lieu sans chaussures. Des jours de pluie et des lendemains de drame. Des fièvres et des gueules en bois. Des dimanches et des retours de vacances.
Ce lieu nu, qui ne se remplit que par nos souvenirs ou nos espoirs.
Ce lieu où il serait oiseux d’être un oiseau lustré.
Où l’on peut être en désordre.
Quand on en saute (du bon pied), sain et sauf, tout reste à faire, mais cette digression nous ramène aguerri.


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