lundi 29 avril 2019

Ma main mes bijoux mes bougies




Sur mes mains.
Mes bijoux, je ne les quitte jamais ceux là.
-Il y a cette bague en or, pépite taillée comme un caillou cabossé, trouvée chez Naila de Monbrison, offerte par mes parents à mes 18 ans. Le contraste avec la gracilité de mes doigts, cet objet lourd. (Elle est ma force, à me rappeler).
-Il y a cette bague en os de renne, avec un petit brillant serti. (Ma sauvagerie).
-Il y a ce jonc que j’ai fait faire par Dona Giacometti, dans un fil d’or, et où les soudures sont apparentes, je le voulais plein de ces accidents. (Un pacte avec moi même).
-Il y a ce lacet sur lequel sont attachés :
Une perle en or indienne rapportée d’Ibiza par ma mère (ma mère),
Une lune rouge et verte chinée à Pushkar (ma chienne),
Et un cauri d’or (de Didier Guillemain) (cadeau chéri). Ce coquillage, je l’ai cherché long longtemps, car j’étais tombée sur ces 2 photos (et comme souvent chez moi, une belle image m’est un déclic, et entraîne une réaction en chaîne, d’inspiration, et de quête jusqu’à satiété) :


Ces bijoux, sont, chacun, grigri. Chacun un lien un symbole. Chacun bourrés de prières.
Chacun incantatoire. Chacun comme un tatouage.

Lutter contre la perte de la signification aux bijoux (et celle des parures en général). La perte de leur codification.
Nous avons oublié en route, cette conscience, et donc la joie aussi d’en jouer.
La faute au prêt à porter/prêt à emporter. La faute à Ikea. La faute au jetable interchangeable.
Nos habits n’ont plus de sens, plus de passé, plus de temps décerné à les réaliser.
Je ne veux pas dire que nous n’y tenons pas.
Mais une chose sans sens est une chose évidée de son contenu.
Autrefois (cela perdure désormais hors Occident), telle couleur portée, tel ordre, tel détail, contenait une lecture silencieuse et tacite du statut social, de l’état, de l’état d’âme. Ou avait une explication pratique d’être.
Par exemple, anecdotique exemple, les petits miroirs sur les vêtements indiens du Rajasthan, n’étaient pas là pour agrémenter et “faire joli”, mais pour éloigner les tigres dans les campagnes, car le soleil s’y heurtait, et les reflets décochés étaient des éclats acérés et affolants pour un fauve.
Ce n’était pas fanfreluches. Mais magnificence avec sens.
Reste l’alliance, mais qui souvent est portée par habitude, en omettant l’engagement qu’elle recèle.
Alors, comme dirait Alice :


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