lundi 29 avril 2019

Matisse et Moi




Les musées, sont des nouvelles cathédrales.
On y entre avide de silence, avide de sens, avide de révélations.
Et quand j’ai le souffle coupé par le bruit de la ville et de la vie, je prends, seule, un ticket pour la collection permanente de Beaubourg, et je vais me gorger des Matisse.
Mes pieds connaissent désormais le chemin, et me conduisent devant chacun d’eux, sans détours.
Je n’y reste pas longtemps, 15min en tout et pour le tout.
Je m’en gorge, je me gorge de leur comble de sérénités. Et je m’en vais.
Je n’y reste pas plus longtemps, sinon je pourrais m’évanouir devant, et on me retrouverait là, inerte, aux pieds du Maître. Ayant perdu connaissance devant un Matisse.
Souvent devant l’émotion, on est terrassé. La contemplation, demande de l’effort.
Et s’il y en a qui veulent mourir à Venise, et s’il y en a qui veulent mourir à la mer, je pourrais mourir devant un Matisse.
Car si mon cœur bat déjà une chamade empressée à chaque seconde de chaque minute, sans jamais cesser de courir après sa prochaine pulsation, que dire de son rythme face à ce summum à encaisser ; il ne saurait le vivre, il se croirait arrivé à l’un de ses maximums.
Je dois doser la beauté que je suis capable d’endurer.
Après je rentre. Et c’est comme si ses peintures avaient rangé mon for intérieur.
Comme si ma joie pouvait de nouveau respirer.
Et je rentre chez moi, et j’essaie de vivre comme dans un de ses tableaux.
J’essaie que le quotidien ait les mêmes cadrages qui débordent.
J’essaie que les couleurs et les rythmes se bavardent.
J’achète des tapis berbères, et j’en mets sur les sols, sur la table, en rideau à la porte, pour que cela sature de toiles de fond.
Il y en a qui veulent mourir à Venise.
Moi, je veux vivre dans un Matisse.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire