lundi 29 avril 2019

“Mitologie”




Il y a une ennemie jurée cachée, une vraie teigne, belle comme un désastre, qui nous voit sur le qui vive de la savoir vivante et frémissante, se planquant dans le placard.
Une ennemie se blottissant dans des bras qui nous appartiennent, sans y être invitée.
Cette ennemie à épingler, c’est la mite.
Même si je sais respecter les trous des passés de mes vêtements chinés, d’un temps où je n’étais pas là pour les protéger, je ne peux accepter qu’on les anicroche sous ma garde.
Et pourtant, elle sait y faire. Elle, sans égard, croque et grappille et gaspille, jusqu’à la corde.
Et quand elle tombe sur une aubaine, une mine a miner, elle est méticuleuse, et s’attaque à la valeur, sans prétexte, comme à une poupée Vaudou qui nous représenterait.
Quand je vois ses dégâts en grande ampleur, je ne sais pas en rire, ni en être résignée.
La guerre se déclare.
J’essaie toutes les nouvelles bombes contre cette fatale. Je pose des pièges de brassées de lavande, et de papier bleu.
Je songe à la mère de Colette, Sido, qui capturait une grosse araignée, pour l’enfermer dans son armoire, en chasseuse de ces ailées.
Elles ont beau être l’une des espèces les plus anciennes du monde, et avoir 36 de température comme les mammifères (c’est “Austerlitz” de Sebald qui le dit), elles me mettent au 36ème dessous.
Quand j’en vois une, c’est la panique. Je me découvre enragée, les crocs dehors, sur mes gardes et en chien d’arrêt, à l’affût de son erreur de camouflage, un foulard à la main pour terrasser la bête. Je grimpe sur les meubles pour la traquer.
Lorsque je gagne la battue, elle s’effrite en poudre d’or, et je culpabilise de ma férocité.
“La mouche” à côté, c’est un film pour enfants.
Mon monstre à moi, mesure 1,5 cm mais il me fait trembler.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire