lundi 29 avril 2019

Mon précieux





Précieuse. On le dit. On dit que je suis précieuse. Je ne sais pas trop comment on le dit, comment c’est sous tendu.
On me le dit. On le dit de mon père, on le dit de mon cousin Alexandre.
C’est de famille, c’est un vrai-semblant, il faut se rendre à l’évidence.
Tous les trois, on attache cette importance à des choses qui désormais sont pour d’autres des broussailles et des broutilles, on s’accroche à ces bagatelles. Pour se tenir. Pour tenir. Parce qu’on aime cette élégance, ou surtout parce qu’on ne sait pas faire autrement.
Mais pourquoi devrais je être à l’aise ?
Je n’ai pas su apprendre ça, l’abandon. Je n’ai pas su apprendre à grandir sans façons.
Je considère trop l’autre, il m’impressionne toujours, je suis fascinée par l’altérité.
Je n’ai pas su apprendre à ne pas avoir cette trouille teintée de bleu de l’autrui, j’ai cette chose d’animal, qui a besoin de jauger beaucoup, de prendre des repères, avant de confier sa confiance. Sauvage.
Ce n’est pas prétentieux, c’est un quant à soi d’au cas où. Souvent je m’échappe, parce qu’on ne me laisse pas cette occasion de m’apprivoiser.
Pourquoi tout devrait aller si vite ? Ralentissons !
Pourquoi dans les fêtes des “soirs”, faut il multiplier les bavardages, se montrer si sociable, vers quoi courir ; qui l’est réellement, sociable ?
Une nouvelle personne, c’est tout un monde, c’est une pièce de plus au puzzle.
Il faut la patience de la placer dans son casse tête.
 

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