lundi 29 avril 2019

Ombres portées




(J’écris cet article aux rayons du soir, là où les ombres, justement, s’allongent comme les caresses).
Cette expression. “Les ombres portées”.
Entendre ces deux mots apposés, déformés par l’enfance et sa logique, cela résonnait en moi comme une promesse.
Porter des ombres. Des ombres pour habits.
L’été cette expression prend tout son sens figuré.
Figurez vous : L’envers du soleil. Un rien qui couvrirait. S’ombrer. Drapée d’ombre.
Les ombrées du ciel. Courir dans ces flaques noires, comme dans les jets d’eau des jours brûlants, et pour un instant être vêtue sans effort.
On les imagine froissées par les grands pas dans les dunes.
Et comme un Peter Pan, on voudrait les savonner, pour qu’elles sentent le linge frais, et se les boutonner pour qu’elles ne s’envolent pas à l’heure qui passe.
Ombres portées, ombres vintage !
(Désolée de ces jours silencieux, j’étais loin, le réseau vascillant, et la tête au vent ;
me revoilà, et pour long temps).

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