lundi 29 avril 2019

Pic à glace




Répétons le encore : “C’est l’hiver”.
Répétons le encore encore une fois : “C’est l’hiver”.
Et chacun de ces jours, les degrés s’en vont un peu plus sous le zéro.
Comme une note sur la copie d’un cancre absent.
Ma résolution d’animer mes habits noirs, j’y tiens et je la tiens.
Je décoche les dates foncées, par des colliers, par des chapeaux.
Et surtout, depuis un mois, j’attache à mes pulls, des broches.
Il y en a qui sont des broches officielles, comme ce crocodile de bronze.
Il y en a d’autres qui sont des pendentifs, accrochés par une épingle à nourrice cachée sous l’envers. Je fais insigne de tout bijou.
(Et je centre la chose, car je voudrais toujours pouvoir me plier équitablement en deux, dans le sens vertical, afin qu’une tâche de psychiatre ne prête à aucune confusion).
Les broches se sont perdues dans des tiroirs en bric et en brac. L’argument énoncé est qu’elles esquintent les tissus. Pourtant, un pull accueille une agrafe sans se trouer, si sa maille est suffisamment épaisse, et pas trop serrée.
Hier, je lisais, accoudée à un chocolat chaud, au Café de la Mairie de la place St Sulpice, et une dame d’un âge certain, au col roulé vert, avait ajouté là, un peu de biais, un de ces détails piquant.
Et on dirait que cela fait tout, qu’ainsi et d’un coup, le pull orné en est renouvelé.
Car la broche, fait plus que le collier, elle hisse ce pull qu’elle accompagne au rang de décor, elle le valorise, et il se fond en elle.
C’est l’atout pique.


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