lundi 29 avril 2019

Preuves à l’appui






J’ai un eu un cheveu blanc à 20 ans, et puis il s’est fauché tout seul, sans laisser de traces.
Je n’ai pas encore de “première ride”, cela viendra comme le futur.
Elle viendra, quelque part entre les commissures et le sourcil.
Je l’attends sans crainte à moudre, je l’attends comme un diplôme.
C’est une bonne chose. Que ce courant naissant dans les magazines,
de femmes au visage d’âge. De voir ces visages froissés, non plus tabous, mais désirés.
Cela ouvre l’espoir à ceux encore printaniers.
De reglorifier le blason des anciens. De faire trembler un peu le lisse.
De ne plus se croire infinis.
De ne pas redouter ces lignes de vie, ces lignes de pleurs, ces lignes de rires.
Qui sont un résumé de toutes nos expressions vécues.
Sans soubresauts marqués, c’est une existence plate et terne.
Ces sillons, sont les lignes d’un roman qui est le nôtre.
Et on pourrait en les scrutant dévider toute la pellicule.
Et cette image de Georgia O’Keeffe, je ne peux cesser de la dévisager.
Je ne peux cesser de m’y reposer.
C’est l’image d’une artiste, qui porte son âge blanc en costume d’homme.
C’est l’image d’une dame, gonflée de l’acceptation de son temps.
Elle me donne tout l’élan à accueillir chaque jour qui passe comme une chose gagnée, et non comme une chose perdue.
Et à la fin on en a amassé, riches de nos expériences, et cela se voit sur notre face, avec des preuves à l’appui.






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