lundi 29 avril 2019

Quitte ou double






J’ai regardé “Paper Moon” (de Bogdanovich) pour la première fois.
Et la fillette, l’héroïne de ce road movie, porte ce costume incroyable :
Une salopette trop grande, en denim ; avec une ceinture d’homme façon croco ; et de gros souliers ; tout ça sur des chemises romantiques. Et pour couronner ce tout, un chapeau cloche des années 20, sur des cheveux courts.
Elle a 9 ans, elle vient de perdre sa mère.
C’est fait de bric et de vrac.
On imagine que chaque élément est arrivé par hasard et sans le sou, entre ses mains d’enfant. Que ce chapeau devait être à cette maman, tout comme certains objets qu’elle trimballe. Que la salopette c’est une protection de gosse à la vie dure. Et qu’elle s’est inventée une manière bien à elle d’assembler tout ce peu.
Évidemment on pense à “l’Amant”.
Le mélange que cela donne, cette confrontation du féminin du couvre chef et de la blouse, et du masculin du bleu de travail et des chaussures.
Elle voudrait un instant avoir l’air plus “fille”, et puis ça ne colle pas, quand elle met des robes et des nœuds.
Et elle s’en retourne à cet improbable habit, identitaire.
Elle le revendique “qu’est ce qu’ils ont à leur reprocher à mes vêtements ! “.
C’est reconnaissable, identifiable.
Et Addie, devient cette silhouette. Et cette silhouette devient Addie.
C’est sa caricature. C’est son uniforme. Qui ne varie que d’un iota ou deux.
Souvent, j’ai été tentée par ce continu de l’allure. Souvent j’ai eu l’envie de me répéter chaque jour. D’avoir presque tout en plusieurs exemplaires.
De circonscrire une bonne fois pour toutes mon contour.
De faire confiance à ma penderie. D’ôter les doutes du corps à ses réveils.
Mais mon dressing, est comme une bibliothèque.
Et chaque pendu raconte une histoire que j’ai désir de raconter.
Un livre, on peut le relire, mais l’intérêt de l’avoir en double est limité.




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