lundi 29 avril 2019

Rêve partie






Il y a cette scène de “Breakfast at Tiffany’s”. Cette scène où Holly et Paul entrent chez le grand bijoutier, comme ça, pour rien, pour s’en imprégner, pour contempler.
Et Paul décide d’y faire un cadeau à Holly, pour rien, parce qu’elle vénère le lieu et qu’il veut son sourire. Il n’a que 10$ en mains (certes, 10$ de l’époque, mais même alors, dans un endroit pareil, 10$ c’était des clous).
Avec l’aide d’un des vendeurs, une bague gagnée dans un paquet de crackers, sera gravée pour les dits dix dollars, gravée par Tiffany’s.
Et cette scène là, raconte au tous de chacun.
Elle raconte l’inaccessible que l’on se permet parfois d’atteindre.
Car tous, on s’est offert ainsi une larme de rêve.
Et ce brin suffit, car alors on y met tout notre contenu.
C’est le parfum d’une grande maison, que l’on se choisit pour sentir cette grande maison, car sentir cette grande maison, c’est être un peu de cette grande maison.
Ce sont les rubans des emballages d’Hermès que ma mère portait au poignet jusqu’au délavé, jusqu’à l’usure (ne me demandez pas comment elle se les procurait).
Ce sont les partenariats d’H&M avec Comme des Garçons ou Marni, et les petits porte-monnaie peuvent se donner des élans.
Quand je me promène avec ma mère (encore elle) parmi des cintres imprenables, elle me dit “essaye quand même, qu’on s’amuse un peu ! “. Et j’essaye. Et c’est matière à l’évasion.
Mon Tiffany’s, le mien, c’est Azzedine Alaïa.
C’est ma cible pour quand j’aurai des sous en d’avantage.
J’entre parfois dans la boutique de la rue de Moussy, pour rien, pour m’en imprégner, pour contempler. J’effleure du doigt les robes, car les toucher c’est faire un peu plus que les espérer.
Et un jour, nous y étions avec ma mère (toujours la même) ; et je désirais silencieusement. Et il y avait un petit sac, tout juste à notre portée. Et elle m’en a gâtée pour un Noël.
Je le range dans sa boîte de carton. Et quand je le sors, et que je sors avec, je me sens au comble du palpable.
Depuis, ma marraine la fée Josy, m’a confié une robe du couturier, qui était à elle. Alors voilà que j’ai deux parts de mon songe ; il paraît que “Jamais deux sans trois”.




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