lundi 29 avril 2019

Se mettre en boîte




Faire une valise.
Ma hantise. Je dois la faire et je la fais.
Mais c’est une vraie épopée la journée que je consacre à ça. Une aventure.
J’attends de croiser Merlin, pour qu’il prononce sa formule :
“HIGITUS FIGITUS ZOMBRA KAMPO
WOKETY POKETY WOKETY WOK
ABRACABRACABRANACK
HIGITUS FIGITUS MIGITUS WOUM
PRESTIDIGITORIOUM
ALICAFEZ BALAKAREZ MALAKAMEZ MERIPADEZ
WOKETY POKETY WOKETY WOUM
WOKETY POKETY WOKETY WOK
HIGITUS FIGITUS MIGITUS WOUM
PRESTIDIGITORIOUM
HIGITUS FIGITUS MIGITUS WOUM
PRESTIDIGITORIOUM
WOOO …”
Mais je ne le croise jamais.
Je reviens sur mes pas. Je me trompe. J’enlève un pull, rajoute une jupe. J’enlève cette jupe, je remets le pull. Je me marre de cette absurdité. J’en ai marre. Et je recommence tout.
D’une incompétence affolante dans ce domaine. Ça me prend des heures.
Ma chienne s’inquiète. Et moi aussi. Je tourne autour de ce petit cercueil, découragée.
Plein de points d’interrogations sur ma liste. Les points d’exclamation y sont rares.
Figer les envies, appréhender une météo.
Et de savoir que, inévitablement, je croiserai à la gare ou à l’aéroport, une silhouette, qui me fera me dire, dépitée et résignée “voilà ce que j’aurais dû emporter”.
J’admire ceux, ou plutôt celles, capables de se jeter dedans au dernier moment, de se jeter à l’eau, et de prendre légèrement et avec évidence l’armoire de la villégiature.
Une valise. Une valise de vacances.
De transhumance. D’exode.
C’est se mettre en boîte. C’est résumer sa vie dans un contenant. Définir sa vie. Par un contenu.
De pouvoir se schématiser en quelques affaires, triées sur le volet. Se dépouiller.
Être si sûre de cela, de ce que je pense être pour le mois qui vient, me paraît un exploit.



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