lundi 29 avril 2019

Sous le “seau” du secret




Moi aussi j’en ai un. Un secret. Un secret beauté.
Tout le monde en a au moins un dans son placard.
Il est celui que l’on garde en joker. Pour des jours où le visage ne s’est pas levé.
Un secret cela se chuchote.
Lorsqu’il est énoncé cela devient une vérité sur celui qui le prononce.
Je vais vous le révéler. Le mien.
Il vaut ce qu’il vaut. Mais il ne vaut que quelques kopecks.
Il vient de l’été, et de la mer à son bord.
Il vient de la fin d’Août.
Je rentrais d’une plage que j’abandonnais.
Et mes cheveux, comme ma chienne, me faisaient tristement la gueule.
Mes cheveux, surtout. Ils m’en voulaient d’avoir quitté le large.
Là bas, à l’horizon dont nous revenions, je n’avais pas à les dompter,
ils avaient ces manières incomparables, que l’on obtient seulement sur le rebord d’un océan (ce que je croyais).
Ici, nous retrouvions, l’air de rien, mais sur-le-champ, l’air des villes.
Alors, je me suis demandée comment je pouvais avoir un seau de vagues,
à Paris.
J’ai pensé aux produits pour avoir la fibre de surfeur. Mais c’était plein de chimie, et sans le sel.
Puis je me suis souvenue des sprays de pure eau de mer, pour les nez.
Et je ne me suis pas arrêtée au mot nez. La pharmacienne si, elle était un peu inquiète, je crois, de ma dyslexie d’usage de la chose ; je lui ai rétorqué que les marins et les pêcheurs ont toute leur vie la mèche saline, et que mes shampoings seraient réparateurs.
Et j’en ai mis sur ma tête. Et j’ai séché.
Le résultat : je me serais crue avec ma grand mère, ou Jackie Kennedy, sur des sables.
J’ai adopté ces embruns empruntés.
Ce n’est plus un secret.



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