lundi 29 avril 2019

Un emploi du temps


Une amie, qui est une orfèvrerie de gestes et de délicatesse, et qui s’appelle Joséphine M., 
et qui est parmi ma poignée de gens chers que je compte sur ma pogne, et qui s’habille d’un chic inimitable, d’un chic qui a du canin, d’un chic plein d’audaces et d’inventions, à s’en inspirer par grandes bouffées, à vouloir faire des arrêts sur image quand elle s’en vient vous voir. 
Cette amie m’a offert pour Noël un pull-over. 
Cette amie m’a offert pour Noël un pull-over, un chandail devrais-je dire, pour le dire à la française. 
Cette amie m’a offert pour Noël un chandail. 
Un chandail, et déjà on se réjouirait pour moins, mais pas n’importe quel chandail. 
Il est noir, il est éternel. Il a la maille large où la peau se devine, il a le mohair mat ; les proportions de ses bras sont attentives à ma manie de retrousser mes manches, des proportions trois quarts, qui laissent les poignets vivre l’hiver avec leur témérité, qui laissent les poignets nus ;
Il a la longueur courte, il a le poids plume. 
Un chandail idéal, donc et certes, mais ce qui en fait un chandail à raconter, un chandail unique, c’est qu’elle l’a tricoté de ses mains. (Et c’était son premier essai ! ). 
Ce chandail est alors un cadeau sans nom. Un cadeau qu’on ne peut nommer. 
Il est le temps de cette amie, le temps consacré à faire ces points qui s’enchaînent. 
Il ne me dit pas l’heure, mais il me dit mieux que ça, il est du temps offert.

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