lundi 29 avril 2019

Un petit leurre




Et puis quand je voyage, je veux être ailleurs et à la fois me sentir chez moi.
Je veux du dépaysement, mais des repères visuels.
Je veux une chambre avec vue, mais que cette chambre me voit.
Les contradictions.
Ce que je fais c’est que j’emporte un beau textile. (Un objet ce serait trop lourd).
Un tissu petit, comme un tableau.
Je le pose sur la table de nuit, ou là où c’est possible.
Et je le regarde pour parer à un hôtel douteux. À un voyage routeux.
Cette beauté de mon goût emporté, c’est ma porte ouverte avec mon trousseau de clés, c’est le gant de “La Belle et La Bête”, un instant de télépathie avec mon lieu de Paris, quand je ne cautionne pas les murs qui m’entourent.
La beauté fait qu’on peut se sauver.
Je regarde ça, cette beauté là, et ensuite je m’en vais voir la vue de ma fenêtre, cette beauté ci.
(Je pioche parmi ceux là, (chinés un par un) : Morceau de sari rose au papillon. Broderie de Fès. Foulard d’après une peinture de Matisse. Soie indienne à paillettes. Broderie orientale théière, vases, et fleurs bleue. Coupon années 50).




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