lundi 29 avril 2019

Vider son sac




Encore, il n’y a pas si longtemps.
Quelques ans de là, je me trimballais tous les jours de toujours, avec un grand sac rempli jusqu’à ses bords.
J’y mettais tout, et l’inutile. J’y mettais tout, et surtout de l’inutile.
J’y mettais tout, au cas où.
J’avais l’épaule qui m’en voulait.
Je rentrais le soir en ne m’étant servie de rien. Mais le sac restait intact de plein, et il remettait ça le lendemain.
Et puis l’épaule s’est souvenue du cartable à dos du collège, qui faisait plier l’enfant sous des kilos qui la dépassaient. L’épaule s’est souvenue qu’elle pouvait à peine le soulever.
Le corps a bonne mémoire.
L’épaule s’est souvenue.
L’épaule s’est souvenue, et a vidé son sac.
Elle ne voulait plus s’esquinter, elle ne voulait plus s’encombrer.
Elle ne voulait plus subir de poids.
Maintenant elle voulait la liberté puisque l’école c’était loin.
Je suis alors entrée dans la concision d’une journée au dehors.
Et je fais tenir l’essentiel dans un tout petit contenant, presqu’une poche avec des anses.
Et au lieu d’un barda chaotique, il y a mon portefeuilles, mon rouge à lèvres-ma poudre-mon peigne à crêper, mon énorme trousseau de clés, mon portable, et je tiens mon livre à la main (de toutes façons je lis en marchant).
C’est mon poignet qui se charge du transport.
Et me voilà légère et ébrouée.
Parfois il me manque des choses, c’est ballot.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire