lundi 29 avril 2019

Voir Rouge




Je ne suis pas officiellement rousse.
Mais je suis carnée pareil.
Avec mes tâches de rousseur à la Pollock, comme des constellations.
Et du cuivre dans mes reflets capillaires.
Cela revient donc au même.
Je le suis, rousse. J’en ai les accessoires.
Être roux, c’est charmant soit, mais à vivre cela demeure lourd de passé.
Le signe du diable, des sorciers. Puis, une différence. Un sceau apposé, à la cire, rouge.
Cela implique des flèches en pagaille, on apprend à les détourner malgré les égratignures.
En grandissant, on se grandit en tant que roux.
Et cela devient une robe d’animal, de fauve ou de biche.
Un pelage de bête, qui doit louvoyer avec la lumière, ruser pour éviter le brûlant sur le cuir du visage et du reste.
Toujours, on le sent sur sa peau, ce feu qui brûle au soleil.
Et cela devient un flambeau que l’on porte. Et cela devient un étendard.
Beaucoup de roux vous le diront : l’être, roux, c’est une appartenance.
Quand 2 d’entres eux se croisent dans la rue, il y a une connivence, presque un clin d’œil ; tacitement on se dit “je sais ce que c’est”. Tacitement on se reconnaît.
C’est un clan. Presque communautaire.
On le sent, et on le sait. Dans le regard des “non roux”. On le voit que cela interpelle.
Que toujours c’est une interrogation perplexe, cet orange qui détonne.
Ils s’étonnent. Et nous on se sourit.




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