samedi 4 mai 2019

Avoir la cotte


Ces jours réclament d'être solides. De puiser des forces. Là où on le peut.
Et si l'on sort, de sortir robuste.
J'ai remisé mes habits du vulnérable. Les habits qui ne blindent pas.
Mes talons qui ne savent pas courir sont au placard jusqu'à de bons augures.
Le tamis n'a laissé que les matières coriaces. Les grosses matières. Celles qui protègent.
Et parmi elles, comme un roc, le blouson.
Il y a eu ceux des aviateurs. Et en 1963, leur doublure avait changé de couleur, pour devenir orange, pour les rendre réversibles et repérables en situation de détresse.
Il y a eu les teddys des universités américaines, qui étaient d'abord portés par les étudiants ayant réussi un examen ou un match. Le grand chiffre ou la grande lettre brodée dessus déclarait le classement.
Il y a eu les blousons noirs.
Et les blousons recouverts de clous et d'épingles à nourrice des punks.
Il y a eu celui de "L'Homme à la peau de serpent", celui d'un Marlon Brando indomptable, aux sensibilités d'un poète fugitif.
Il y en a eu d'autres. Et il y a les miens.
J'ai eu mon premier perfecto à 14 ans. On me l'avait transmis.
C'était celui de la mère d'une amie, celui de sa jeunesse. Il était au grenier, elle me l'avait donné.
Je le porte comme une cuirasse.
Dans un blouson, on se sent infranchissable.
Qu'il soit en cuir ou en nylon, c'est une cotte.
Ses histoires d'appartenances, de bandes et d'escadrilles, lui ont conféré ce pouvoir de légende.
Ce sont des armures de peu. Des armures qui ne parent rien. Mais les armures réchauffent.





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