samedi 4 mai 2019

Barbie se fait la belle


Nous avons toutes une Barbie dans le placard.
Ma première je l’ai eue tard. Ma mer ne les cautionnant pas. Et puis elle a fini par craquer, sous le joug de l’enfant unique qui voudrait un peu être comme les autres gosses.
J’avais de petits animaux en plastique jusque là, et de vrais animaux dans le jardin parisien, et même des poules qui pondaient et réveillaient les immeubles alentours, je jouais dehors ce qui explique sans doute ma sauvagerie à savoir mieux parler aux bêtes qu’aux Hommes.
J’ai eu cette première Barbie, à 8 ans et quelques mois.
Il ne me restait que peu d’années pour y jouer, quittant bientôt les occupations de l’enfance.
J’ai eu cette première Barbie, puis des suivantes, l’enfant était très gâtée pour tromper sa solitude.
Et puis j’ai eu la Barbie Pocahontas, et elle a détrôné toutes les autres.
Radicalement.
Je n’ai plus joué qu’avec elle. Je la voyais différente de toutes. Et je m’y identifiais. Pas physiquement. Symboliquement.
Je l’ai encore, et elle est précieusement rangée au grenier dans une boîte dédiée, où elle dort avec ses tenues préférées.
Car c’est avec Barbie, et celle ci particulièrement, que j’ai commencé à habiller. Et donc à m’habiller.
C’est ainsi que j’ai appris, et que j’ai aimé, inventer des panoplies, tenter des mélanges.
C’est elle qui m’a donné ce goût, (et regarder ma mer, évidemment).
Et voilà que Michel Tréhet, avec son regard attrapeur des lumières et des inattendus, est allé photographier Barbie à Deauville.
Michel Tréhet, à l’œil graphique jusqu’aux lunettes qu’il porte.
Michel Tréhet, qui en plus d’être avec son appareil dans le vent des plages normandes, est dans le vent tout court, à happer des images qui marquent.
Il s’est fait photographe de mode pour l’occasion, justement là, justement en cette station balnéaire où Coco Chanel ouvrit sa toute première boutique en 1913.
Barbie pose pour lui en grande héroïne des années 50, et prend les traits d’Audrey Hepburn, de Grace Kelly, de Tippi Hedren, dans tous les décors mythiques de la ville de « Chabadabada ».
Ce n’est pas la Barbie rose bonbon.
C’est la Barbie élégante, portant les plus grands noms de la Couture.
Et cette Barbie, elle lit « L’Amant ». Elle lit « L’Amant »à Deauville, à deux pas de Trouville où Marguerite Duras vivaient ses étés.
Et l’on s’invente une histoire, et le jeu peut commencer : qui est cette femme, quel est son nom, de qui est ce chapeau qu’elle porte, d’où vient elle, et où va t’elle ?
Il y a une réponse certaine à cette dernière question, elle se rend à Shanghaï, où aura lieu une exposition de ces portraits.
Ce sera du 4 au 27 Juin (2015), au Lutin. Une lutin au Lutin, c’était écrit.
C’est loin. Elle s’envole. Elle prend un avion Barbie.



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