samedi 4 mai 2019

C’est du délire !


Je regarde Anna Magnani, Sophia Loren, Claudia Cardinale, Linda Evangelista, pour cerner à quoi cela se joue.
Je regarde celles qui ne le sont pas mais qui le sont tout de même, Maria Callas, ou Anna Mouglalis. La chance.
Elles ont toutes le prénom qui se termine en A. Pas moi. Déjà.
Elles ont la voix qui chante et qui s'éclate, la voix excessive.
Elles ont les cheveux sombres et lourds qui font des vagues.
Elles ont de vrais seins devant. Sans seins ce n'est pas possible.
J'aurais beau m'habiller en noir en plein cagnard, avec des jambes se terminant par des pieds nus dans des sandales dans la poussière, j'aurais beau transpirer comme elles à l'heure d'une sieste, il manquera toujours quelque chose, dont ce volume sous la gorge.
Et elles, elles n'ont pas peur de la lumière. Elles s'exposent sans brûler.
Et moi je n'ai pas une peau de soleil. J'ai une peau du Nord plutôt faite pour la pluie ou la nuit.
C'est tenace, je voudrais être une italienne.
Je le veux.
Pas sur ma carte d'identité, mais dans mes gènes.
Je voudrais cette fierté et cette force péremptoire qu'ont certaines femmes du pays.
J'ai appris l'italien pour comprendre les mots des opéras. Maintenant je les pige presque sans aucun doute.
Et je lis Erri De Luca en version originale.
J'ai rencontré Venise, Rome, Florence, Milan, Pompéi, Naples.
Je suis allée dans ce grand quartier latin à de maintes répétitions.
J'ai grimpé le Vésuve en spartiates.
Ça ne suffit pas.
On est italienne. Ou on l'est pas.
Le fantasme naît dans l'inaccessible. Un fantasme accessible serait juste une envie dont on ne saurait se priver. C'est le presque impossible qui l'alimente, qui alimente le fantasme.
Si j'étais italienne je voudrais être anglaise.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire