samedi 4 mai 2019

Évènement ciel


L’avant de ce jour, disons hier, nommons le l’hier, qui pourtant dès demain ne sera plus hier, je suis allée voir la rétrospective Jeanne Lanvin au Musée Galliera.
Parfois, on ne sait pas comment s’imprégner du sublime.
Et comme un chiot fou voulant devenir berger, j’ai couru de vitrines en vitrines, cherchant ainsi à rassembler toutes les choses exposées pour qu’elles me suivent dehors, en un troupeau m’obéissant.
J’avais mon sourire qui ne me quittait plus. Celui qui s’enivre de sa joie.
J’ai léché délicatement toutes les vitres. Plusieurs fois.
Mais j’ai été sage, je n’ai pas pris de photos. Mais je n’ai pas été sage, j’ai acheté le catalogue.
Sur le chemin du retour, sans rien du choeur docile derrière moi, je me faisais la liste des affaires que je possède qui pourraient me faire sans blague la blague de ce que je venais de voir.
Rentrée, j’ai tout sorti de cette liste et j’ai tout posé sur mon lit.
Mais sur moi, j’en avais déjà un quatuor.
Car pour cette expo, je m’étais habillée.
Consciente de ce qui m’attendait, je m’étais habillée en conséquence, en l’occurrence, en années 20.
Car toujours je m’habille pour une exposition à laquelle je tiens. Ou pour un voyage.
Certains diraient que je me déguise. Ces certains n’ont rien compris.
On ne se déguise pas, on fait honneur.
On veut respecter ce grand beau qui règne là, on ne veut pas dépareiller, on ne veut pas se sentir étranger. On veut y habiter pour une heure.
Et aussi, on veut se souvenir. On veut que ce moment il ne soit pas banal.
Et d’apporter cette attention, d’apporter ce soin, d’y apporter cette concentration d’admiration contenue, rend cette tenue inoubliable, et encore dans une ou dix années, on se rappellera ce que l’on portait pour voir ça.
C’est se marier avec un évènement.
C’est ainsi que le quotidien prend parfois ces ailes, pour devenir pour quelques instants, autre chose qu’une journée parmi d’autres.




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