samedi 4 mai 2019

L’antenne


C'est un cliché. C'est un béret.
Une chose que les touristes de Paris rapportent dans leurs valises, ou sur leurs têtes.
Il ont cette image de chevet en arrivant ici. Elle vient du cinéma qu'ils regardent à notre sujet. De certaines photographies. De certaines archives. Des caricatures.
Ils arrivent, et ils n'en voient pas sur les visages des rues.
Ils n'en croisent pas, pas vraiment. Quelques uns sur des personnes des grands âges.
Quelques autres. Des rares.
Mais en repartant, ils croient encore et plus que nous autres, à ce stéréotype.
Ils en emportent des exemplaires, achetés dans des boutiques faites pour eux, les boutiques de passage.
Et ils en emportent, car ils veulent faire coïncider ce mythe au palpable.
S'ils en ont un, c'est qu'il existe.
J'en porte dans ce même espoir que cette figure perdure.
J'en porte. J'en porte quand vient l'hiver et son froid.
J'ai le classique, le noir. Et un bleu indigo, et un rouge, et même un jaune.
Et si je me creuse, ça me vient de l'enfance.
Dès mon amont, j'en avais toujours un. Et ceux de mon époque qui regardaient trop la télé et voulaient se moquer me comparaient aux pubs Kodak. Peu m'importait, j'aimais les pubs Kodak.
J'en porte depuis tout ce long.
Et toujours l'enfance est bien cet endroit où se connaître, où chercher notre levain, nos causes, et nos ruptures.
Et certains objets perdurent de là jusqu'ici.
C'est lorsqu'on les laisse faire. Lorsque l'on ne décide pas de les ranger en pensant que grandir c'est remiser tout le passé et ses affaires.
Peut être est ce ma moustache de chat, et que si l'on coupait cette petite pointe qui trône sur le crâne comme un fil de la fontanelle, je m'en trouverais désorientée.




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