samedi 4 mai 2019

Le disque rayé


C'est un grand terrible. Cela échappe à des raisons.
J'ai envie d'une jupe mémé. La fameuse de nos grands-mères. Droite et informe.
Dans un tweed ou un drap de laine. Celle là même.
Pas une des années 30 ou 40 qui dévale les jambes.
Pas une mythique de Chanel non plus. L'autre. Celle que l'on peut trouver dans les bottins de vente par correspondance.
Cela fait plus qu'un mois que je l'ai dans la tête.
Comme un refrain arrivé sans que l'on sache comment, et l'on a beau chanter autre chose pour s'en défaire, il reste là à faire ses gammes, en boucles.
J'avais eu "Vive le vent" aux lèvres durant toute une année. Je crains le pire.
Elle est là et elle s'accroche. Elle ne veut pas me quitter. Elle a trouvé preneuse, et elle connaît sa veine.
Je ne sais pourquoi c'est ainsi tombé sur moi. Je devais être au mauvais endroit de mon inconscient, au mauvais moment.
C'est inexplicable. Il ne s'est rien passé. Je ne l'ai pas convoquée.
Aucune image n'est venue m'en inspirer la forme.
Cela fait plus qu'un mois.
Je me réveille chaque matin en espérant qu'elle soit partie, en espérant l'avoir oubliée, en espérant son vide.
Elle est là qui m'attend.
Il paraît que l'enfer c'est les autres. L'enfer peut être aussi un son. Ou une pensée qui s'invite et qui ne nous lâche plus.
Et dès mon pied levé, elle s'y met.
Et si elle me voit me débattre à l'habillage, elle occupe tout mon terrain.
Elle veut être la solution. Elle cherche à me convaincre.
Elle a ses arguments.
Mais je résiste. Car je ne veux pas de ses connotations. Je ne veux pas de la démarche qu'elle impose. Je ne veux pas de son âge.
Je ne ferai rien pour la contenter.
Elle sait qu'il ne lui reste que peu de temps pour coexister, que l'hiver lui donne l'avantage.
Elle voit des jours qui ne se gèlent pas, elle en pâlit parfois.
Ses chances s'amenuisent. Le combat voit son bout.
Je dois tenir encore quelques mois. Ma délivrance sera le printemps.




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