samedi 4 mai 2019

Le score


Une course commentée par un Nelson Monfort :
Et 5, 4, 3, 2, 1, Partez !
Et c’est parti ! C’est parti pour le final de cette compétition !
Et voilà que ces deux adversaires s’élancent sur la piste !
Un excellent départ pour Le Laisser-Aller ! Il est en tête ! Il est en tête !
Alors que notre Élégance est en retard sur le couloir extérieur !
Le Laisser-Aller poursuit sur son élan ! Il mène la course ! Il mène la course !
Mais ! Mais ! Mais voilà que L’Élégance accélère à l’entrée du dernier virage !
Elle accélère ! Elle rattrape Le Laisser-Aller ! Elle fond sur lui !
C’est extraordinaire cette remontée !
Elle est à sa hauteur ! Ils sont au même niveau !
C’est du coude à coude, c’est extrêmement serré !
C’est le retour terrible de L’Élégance ! Qui le défie ! Qui défie Le Laisser-Aller !
Elle vient éclabousser le stade de toute sa classe !
Et alors que Le Laisser-Aller s’accroche ! Mais il ne peut plus ! Il n’en peut plus !
C’est trop loin !
Oh la la ! Oh la la !
Elle l’a dépassé ! L’Élégance l’a dépassé !
Plus que quelques mètres ! Allez ! Allez !
Et L’Élégance s’envole jusqu’à la ligne d’arrivée !
L’Élégance a gagné !  Elle est à bout de souffle ! Mais elle a gagné !
C’est une claque !
Une claque ! Elle est première sur le podium ! Elle est championne !
Quelle course ! Quelle course !

Ce Laisser-Aller, il ne faut jamais le laisser gagner.
Et même si L’Élégance est difficile à maintenir triomphante, lorsque l’on s’en remet au sport.
On dépense de la sueur, on a la peau qui bat, on a le sang qui se montre.
Mais lorsque l’on va faire un effort jusqu’à tout exténuer, on en devient pas pour autant invisible.
Mais si on y va, c’est pour se bonifier, en muscles, en formes, en élan, en performances pour certains.
On y va avec ce but d’arranger quelque chose. Alors pourquoi notre mise devrait elle être le « survêt » bête et méchant que l’on croit devoir s’imposer, celui que l’on a exhumé d’un placard dans lequel on ne jette jamais un œil ?
Il n’y a qu’à voir les panoplies des années 1920-30-40-50, pour le tennis ou la boxe ou le reste de ces activités, pour être sûr qu’il est possible d’être élégant, tout en se dépensant.
Et pour les autres, et pour soi, on peut être présentable.
J’y vais avec un costume qui tient la route.
En molleton, puisque dedans ces gestes pas quotidiens ont plus d’aisance, mais impeccable,
sans aucune cerne aux genoux, sans aucune goutte de sel.
Lorsque l’on va faire bouger ce corps et danser le samedi soir, on se fait beau.
C’est pareil, on va faire bouger ce corps, mais au petit jour, à petites foulées.
Maintenant, on va prendre une douche. Mais L’Élégance a gagné. Et elle poursuit sa journée.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire