samedi 4 mai 2019

Les animés




Ma chienne court médusée et se réfugie à l’autre bout de l’appartement, lorsqu’un objet bouge ou s’ébranle sans avoir été effleuré par moi.
Lorsqu’une assiette s’affale car elle était en déséquilibre sur le bord de l’évier. Lorsqu’un livre s’écroule de la bibliothèque parce qu’il était trop proche du vide. Lorsque mon stylo atterrit à ses pattes parce qu’il a roulé du bureau.
Lorsque mes manteaux chutent parce qu’il y avait trop de poids sur les cintres. Lorsque l’éléphant qui se remonte avec une clé se met à faire danser sa trompe tout seul.
Lorsqu’une feuille s’échappe d’une punaise au mur.
Et même lorsque le réveil se déclenche.
Elle semble croire que ce qui produit un mouvement est forcément vivant.
Que cela ne peut s’expliquer qu’ainsi. Mais qu’elle ne peut s’y fier. Que c’est très incertain. Qu’il faut se méfier. De toutes ces choses qui s’animent parfois sans moi mais pas toujours. Qu’il faut s’en méfier surtout quand elles se dérangent sans concours.
C’est peut-être elle qui a raison. Cela m’arrive aussi de sursauter lorsque la porte se claque sans un geste pour l’y aider.


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